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Le Prix Siminovitch de théâtre est décerné chaque année à en alternance
un metteur en scène, un dramaturge ou un scénographe professionnel. Les
trois disciplines sont reconnues à tour de rôle, dans un cycle de trois ans,
dans l’ordre suivant : mise en scène, écriture dramatique et scénographie.
Voici la liste des lauréats.
Ronnie Burkett, lauréat du prix de scénographe, 2009
Ronnie Burkett est tombé amoureux de la marionnette à l’âge de sept ans… en ouvrant une encyclopédie à ce mot. Dès l’âge de 14 ans, il part en tournée avec ses spectacles de marionnettes en Alberta – et n’a jamais cessé de parcourir les routes depuis! Considéré à juste titre comme l’un des artistes de théâtre les plus éminents du Canada, Ronnie Burkett a créé certains des spectacles de marionnettes les plus complexes et les plus audacieux du monde. Son travail séduit des publics adultes d’une ampleur sans précédent pour la marionnette. Sur les grandes scènes canadiennes comme dans les festivals internationaux de théâtre, tous ses spectacles reçoivent un accueil dithyrambique, critique autant que public. Ronnie Burkett est également pédagogue : il a enseigné l’art de la marionnette dans des universités et collèges du Canada, du Royaume-Uni et de l’Australie, et donné des cours de maître, des ateliers ainsi que des conférences dans de nombreux festivals et colloques. Après 10 Days on Earth, Provenance et la trilogie Memory Dress (Tinka’s New Dress, Street of Blood et Happy), aujourd’hui retirés de l’affiche, il présente actuellement Billy Twinkle, Requiem For a Golden Boy. Quand il n’est pas en tournée, Ronnie Burkett travaille sur ses deux prochaines productions dans son studio de Toronto, entouré de plus de 1 200 livres sur la marionnette, de Plasticine et d’outils de menuiserie et d’ébénisterie…
Daniel MacIvor, lauréat du prix de dramaturgie, 2008
Selon le jury, « le théâtre de Daniel MacIvor – protéiforme, en perpétuelle métamorphose – se déroule sur la fine ligne entre présentation et représentation. Sa dramaturgie porte à la scène des états humains pour lesquels il n’existe pas de mot, explorant ce qui échappe aux catégorisations du langage. Préoccupé par l’exclusion, MacIvor, à travers ses pièces, donne voix à ceux dont la solitude permet d’appréhender le monde autrement. »
Daniel MacIvor est né au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. Il a écrit près de 20 productions en une vingtaine d’années, dont 15 publications en son nom. Ses pièces comprennent des titres tels que See Bob Run, Wild Abandon, The Soldier Dreams, You Are Here, How It Works, His Greatness, ainsi que A Beautiful View, et, en collaboration avec Daniel Brooks, partenaire de longue date, il a créé les représentations solo House, Here Lies Henry, Monster et Cul-de-sac. Sa pièce Marion Bridge a été jouée en avant-première « Off-Broadway », à New York, en octobre 2005, alors qu’une autre de ses autres pièces, Never Swim Alone, a remporté le New York Fringe's Overall Excellence Award de 1998. En 2002, il a remporté un prix GIAAD ainsi qu’un prix Village Voice Obie pour sa pièce In On It (PS 122). M. MacIvor est également récipiendaire de deux prix Chalmers pour une nouvelle pièce, et son collectif de cinq pièces intitulé I Still Love You a remporté le prix du Gouverneur général 2006 en écriture dramatique. M. MacIvor est également scénariste et réalisateur (House, Wilby Wonderful, Marion Bridge, Past Perfect, Whole New Thing), et de 1987 à 2007, il a été directeur artistique de la compagnie internationale de tournées théâtrales da da kamera.
Brigitte Haentjens, lauréate du prix de metteur en scène, 2007
Selon les propres termes du jury, en choisissant Brigitte Haentjens à titre de lauréate pour le Prix Elinore et Lou Siminovitch de théâtre 2007, le jury a souhaité rendre hommage à la prodigieuse virtuosité de son écriture scénique, ainsi qu’au caractère profondément humain de sa mission. « Dans le monde de Mme Haentjens, les idées saignent, les corps pensent et l’espace vibre. Son écriture dépasse toute classification; elle dépeint une tension à couper le souffle entre méticulosité et brutalité, et pousse les gens, même s’ils sont absorbés par le spectacle en lui-même, à se questionner sur les raisons profondes de leur existence, de leur identité, et ce, sans échappatoire possible. »
Mme Haentjens a étudié le théâtre à Paris avant de déménager en Ontario en 1977, où elle a assuré la direction artistique du Théâtre du Nouvel-Ontario durant huit ans. De 1991 à 1994, elle a été directrice artistique de la Nouvelle Compagnie Théâtrale, à Montréal, puis, de 1996 à 2006, elle a agi en tant que co-directrice artistique du Carrefour International de Théâtre de Québec. Mme Haentjens dirige également depuis 1977 sa propre compagnie théâtrale, Sibyllines, qu’elle a fondée pour y approfondir sa démarche artistique dans un contexte de plus grande liberté. Pour Sibyllines, elle travaille actuellement à une adaptation de la pièce Blasté (Blasted), de Sarah Kane, traduite par Jean-Marc Dalpé, mettant en vedette Paul Ahmarani, Céline Bonnier et Roy Dupuis, et qui doit prendre l’affiche au printemps 2008.
Dany Lyne, lauréate du prix de scénographie, 2006.
Selon les propres termes du jury, en choisissant Dany Lyne à titre de lauréate pour le Prix Elinore et Lou Siminovitch de théâtre 2006, « les membres du jury ont été particulièrement impressionnés par l’évolution de son œuvre. Tout en respectant les métaphores des mots et de la musique, les travaux de Mme Lyne suivent la logique narrative de la pièce. Sachant répondre aux exigences imposées par le domaine de l’opéra, elle est aussi capable d’appliquer sa vision créatrice à des productions jouées dans des théâtres de toutes tailles. Chaque projet est pour elle une sorte de laboratoire, où elle collabore avec ses collègues artistes, tout en explorant et en mettant en application sa propre vision. Déterminée à exploiter à fond son potentiel de créativité, Mme Lyne est une artiste qui impose sa marque de façon unique et créative dans le théâtre canadien et au-delà.»
Mme Lyne a participé à 72 productions au Canada, aux États-Unis et en Europe, de nouvelles pièces à des opéras, de petits théâtres indépendants à de grandes scènes internationales. Ses œuvres ont été vues au Stratford Festival of Canada, à la Compagnie d’opéra canadienne, au Théâtre français de Toronto, à la Necessary Angel Theatre Company, au théâtre Soulpepper, au Centre national des Arts, aux théâtres Tarragon et Elgin, au Tapestry New Opera Works, au Pacific Opera, à l’Opéra de Cincinnati, au Central City Opera de Denver, au Nationale Reisopera des Pays-Bas, à l’Opera North, en Angleterre et au De Vlaamse Opera, en Belgique, entre autres.
John
Mighton, lauréat du prix de dramaturgie 2005. En portant leur choix sur
le dramaturge torontois John Mighton comme lauréat du Prix Siminovitch 2005,
le jury a indiqué qu’il avait été particulièrement impressionné par la fusion
remarquable des qualités de l’esprit et de celles du cœur que révèle l’œuvre
de M. Mighton. « Ses textes projettent une vision du monde à la fois unique,
singulière et nécessaire. Écrites dans le registre de l’implicite, ses pièces
ne débouchent pas sur un dénouement, mais laissent la porte ouverte à d’autres
possibles. Le dramaturge exprime la grâce, la délicatesse et une exquise
humanité. Lorsqu’il propose l’argument de ses pièces,
c’est le plus souvent avec une bonhomie fragile, toute personnelle. John
Mighton imprègne également ses pièces d’une grande profondeur, partant d’idées
complexes et élaborées auxquelles il imprime une facture authentiquement
scénique.»
Les pièces de John Mighton, en particulier Scientific Americans, Possible Worlds, A Short History of Night, Body and Soul, The Little Years et Half Life, ont été jouées dans tout le Canada, mais aussi en Europe, au Japon et aux États-Unis. John Mighton s’est mérité plusieurs autres prix nationaux, notamment le Prix littéraire du Gouverneur général de la catégorie théâtre. Sa pièce Possible Worlds a été portée à l’écran par le réalisateur renommé Robert Lepage. En plus d’être auteur de théâtre, M. Mighton est titulaire d’un doctorat en mathématiques de l’Université de Toronto et a été professeur de philosophie à l’Université McMaster. Actuellement, il est professeur adjoint à l’Université de Toronto. Durant les sept dernières années, il a coordonné le programme Junior Undiscovered Math
Prodigies (JUMP), initiative inédite selon laquelle les élèves ayant des difficultés en mathématiques peuvent recevoir l’aide d’un mentor. John Mighton a écrit un livre très intéressant sur son expérience dans le cadre du JUMP; ce livre est publié par House of Anansi Press, sous le titre The Myth of Ability: Nurturing Mathematical Talent in Every Child.
Jillian Keiley, lauréate du prix de metteur en scène, 2004. Selon le jury, le travail de la metteure en scène de Terre-Neuve-et-Labrador Jillian Keiley « est fabuleusement original et extrêmement ingénieux. C'est une artiste qui fait preuve d'une vision originale et novatrice et dont les expérimentations, tant sur le plan de la forme que du contenu, créent des moments magiques tant pour le public que pour les comédiens. Tout à la fois cérébrales et viscérales, ses productions explorent souvent les fondements de l'art de la scène avec un effet saisissant.»
Mme Keiley est la fondatrice et directrice artistique de la compagnie Artistic Fraud of Newfoundland, pour laquelle elle a mis en scène 14 nouvelles pièces dont les textes et la musique sont, en majorité, des créations originales du dramaturge Robert Chafe et de la compositrice Petrina Bromley. Depuis 10 ans, Mme Keiley travaille avec la compagnie Artistic Fraud au développement d'une technique chorégraphique et de mise en scène unique en son genre fondée sur la rigueur mathématique et la musique, désignée sous le nom de kaléidographie. Elle enseigne cette technique novatrice dans les universités et les instituts de formation professionnelle partout au pays depuis six ans.
Louise Campeau, lauréate du prix de scénographie, 2003. En conférant le prix Siminovitch à la scénographe montréalaise Louise Campeau, le jury lui exprime son admiration pour ses décors, lesquels selon une citation du jury « reflètent une vision cohérente, raffinée et subtile. Elle a un sens artistique visuel qui sort de l'ordinaire. Cette artiste connaît véritablement le sens du mot collaboration, car elle sait respecter l'expression de l'acteur et offrir aux concepteurs d'éclairages, de costumes et de sons une occasion inespérée de faire en sorte que leur travail s'harmonise au reste de la production. Mme Campeau est une artiste de théâtre extraordinaire dont le travail donne à la mise en scène un sens exceptionnel et dont l'engagement envers l'æuvre est sans égal. Son travail permet au spectateur de voir et d'entendre plus clairement, et de mieux comprendre la production.»
Diplômée de l'École nationale de théâtre du Canada en 1984, Mme Campeau a conçu environ 60 productions pour 14 compagnies de théâtre québécoises, allant des grands théâtres nationaux aux plus petits espaces expérimentaux.
Carole Fréchette, lauréate du prix de dramaturgie, 2002. Lorsqu'elle a gagné le prix Siminovitch, la dramaturge montréalaise Carole Fréchette avait déjà écrit plus de huit pièces, la plupart ayant été publiées au cours des cinq dernières années. En faisant connaître leur choix, les membres du jury ont décrit Mme Fréchette comme une artiste « en pleine possession de ses moyens et au sommet de sa forme », et ont exprimé le voeu que les Canadiens puissent « découvrir et apprécier » cette dramaturge. « De façon subtile et renversante, elle fait appel aux aspects profonds du théâtre pour explorer la part de mystère de la vie quotidienne, a indiqué le jury. Ses pièces concilient le connu et l'inconnu, l'accessible et l'exotique, mariage qui est la marque du grand art.»
Les pièces de Mme Fréchette figurent parmi celles qui ont connu le plus de succès à l'étranger. Traduites en plusieurs langues, elles ont été mises en scène en Belgique, en France, en Allemagne, au Liban, au Luxembourg, au Mexique, en Roumanie, en Suisse et en Syrie, en plus de connaître un grand succès sur les scènes canadiennes
Daniel Brooks, lauréat du prix de metteur en scène, 2001. En 2001, Daniel Brooks, alors créateur, metteur en scène, auteur et comédien, était déjà un artiste prolifique et aux talents variés, acclamé et primé partout au pays pour ses uvres. Il a cofondé la compagnie de théâtre Augusta, a été metteur en scène au Soulpepper Theater et auteur en résidence au Tarragon Theater et il a eu l’honneur de voir ses oeuvres faire le tour du monde avec la compagnie da da kamera.
Dans son éloge de M. Brooks, le jury a déclaré qu'il « reconnaît et tient à souligner la profondeur de son engagement, sa discipline intellectuelle et sa brillante technique de la scène. Ayant été co-créateur puis metteur en scène, il a aussi acquis une envergure impressionnante comme interprète. Il s'est attaqué, avec idéalisme et intrépidité, à des uvres complexes, aussi bien contemporaines qu'historiques. Sa rigueur, communicative et stimulante, inspire les artistes, notamment les comédiens et les scénographes qu'il réunit à l'intérieur d'ensembles voués à la recherche. Plus remarquable encore, Brooks a réussi à travailler de manière autonome et à se tailler une réputation enviable à l'extérieur des cadres des grandes compagnies. Il est, dans tous les sens du terme, un artiste indépendant, qui transforme consciemment et fièrement la scène en un lieu de débats moraux et de merveilles théâtrales.»
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